Psycho-solutions
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1- Qu'est-ce que signifie thérapie brève?
2- Est-ce que toutes les problématiques peuvent se résoudre en dix rencontres?
3- Comme j'ai un budget limité, pouvez-vous me garantir que mon problème soit résolu avec 10 rencontres?
4- Est-ce que les changements de l'approche brève persistent dans le temps?
5- Qu'est-ce que l'approche orientée vers les solutions?
6- Comment est-ce possible de changer sans parler du passé ou des causes des problèmes?
7- Est-ce que l'approche brève orientée vers les solutions est efficace avec tous les problèmes?
8- Qu'est-ce que l'approche narrative?
9- Qu'est-ce que l'approche fondée sur les données probantes ?
10- Qu'est-ce qu'une approche collaboratrice?


1- Qu'est-ce que signifie thérapie brève?

Pour moi, une thérapie est brève quand elle évite de faire une rencontre de plus que nécessaire avec un client. La majorité des écoles actuelles de psychothérapie ont développé une approche à court terme. Même la psychanalyse possède dans ses rangs une forme de thérapie brève. Personnellement, je m'inscris dans le courant très récent des approches collaboratrices en psychothérapie brève soit, la thérapie orientée vers les solutions et l'approche narrative. Ces approches demandent une forte collaboration de la part du client à toutes les étapes du processus de changement. Dans certaines étapes, comme au niveau des solutions, le client est même considéré comme l'expert principal.

Voici ma façon de travailler comme thérapeute : je cherche à préciser très clairement les objectifs de changement dès la première rencontre, à écouter vraiment la personne pour identifier les solutions les plus efficaces pour elle, à la considérer comme ayant tout le potentiel pour résoudre rapidement sa situation et, enfin, à la motiver à appliquer ses solutions. En travaillant de cette façon, les deux tiers de mes clients ont atteints leurs objectifs de changement en moins de dix rencontres, dont plusieurs en 2 ou 3 rencontres.

2- Est-ce que toutes les problématiques peuvent se résoudre en dix rencontres?

Je suis si étonné de constater la capacité de changement des gens que je suis porté à croire que toutes les problématiques peuvent se résoudre en dix rencontres. Cependant, mon expérience me démontre que certaines difficultés demandent beaucoup plus de rencontres. Par exemple, les victimes d'abus sexuel non résolus depuis plusieurs années peuvent nécessiter un traitement de plus de deux ans; mais en thérapie brève, cela ne veut pas dire une rencontre à chaque semaine. Ce suivi de deux ans peut demander au total 40 rencontres soit, 30 la première année et le reste par la suite.

D'ailleurs, des problèmes considérés lourds comme la toxicomanie et d'autres dépendances se traitent souvent en moins de dix rencontres. Il en est de même avec des situations de chocs post-traumatiques, des états dépressifs, des problèmes d'anxiété, des difficultés conjugales ou familiales. Il faut bien retenir que dix rencontres n'est pas une règle car le tiers de ma clientèle ont besoin de plus.

3- Comme j'ai un budget limité, pouvez-vous me garantir que mon problème
    soit résolu avec 10 rencontres?

Je ne peux faire de telles garanties car chaque situation est unique et il est difficile de prévoir le résultat d'une psychothérapie. Mais il est clair que si vous avez un budget déterminé nous pouvons viser un résultat précis dans un nombre de rencontres préétablies. Il y a de fortes chances que ce résultat soit la résolution totale de votre problème, sinon des premières étapes importantes dans cette direction. Souvent, je raconte à mes clients que le changement se compare au fait de pousser une boule de plomb d'une tonne : c'est le premier centimètre qui demande le plus d'énergie pour la faire bouger mais une fois que ce premier centimètre est franchi, il suffit de maintenir une pression constante pour la faire avancer. De la même façon, quand le changement est amorcé dans la bonne direction, le client est souvent capable de pousser la boule par lui-même ce qui fait que l'approche peut se terminer avant l'atteinte des résultats complets.

4- Est-ce que les changements de l'approche brève persistent dans le temps?

Ma pratique depuis 1994 en thérapie brève collaboratrice me confirme que les résultats obtenus se maintiennent. Comme je travaille dans une petite communauté, je revois souvent des anciens clients ou des membres de leur entourage; ceux-ci me racontent tous que les progrès se maintiennent et même s'amplifient. De plus, quand je revois en consultation des anciens clients, les changements antérieurs se poursuivent. Ils viennent pour résoudre une nouvelle difficulté dans leur vie et cette deuxième intervention prend souvent beaucoup moins de temps. Selon moi, certains facteurs propres à l'approche orientée vers les solutions expliquent ce constat : la personne se sent responsable des changements obtenus car elle identifie les solutions qui sont efficaces pour elle, elle est responsable de les appliquer, elle découvre ses forces et ses succès pour résoudre diverses difficultés et, enfin, elle apprend à maintenir ses acquis et à éviter les rechutes.

De plus, je crois que le changement est un phénomène constant et impossible à freiner. Chaque jour apporte son lot de nouvelles expériences et connaissances qui permet à chacun d'évoluer et de devenir meilleur. Ainsi, quand une personne fait une démarche sérieuse avec un professionnel spécialisé dans le changement personnel, il n'y a aucun doute dans mon esprit que le changement créé va se maintenir et même s'amplifier.
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5- Qu'est-ce que l'approche orientée vers les solutions?

Dans le courant des thérapies brèves, l'approche orientée vers les solutions est une des approches les plus récentes car les premiers écrits datent de 1986. Elle se démarque des autres approches de thérapie brève par le fait qu'elle insiste sur la santé mentale, sur les ressources et sur les succès des personnes plutôt que sur la maladie, les déficits et les échecs. Ainsi, elle cherche davantage à souligner le positif et à l'amplifier pour aller vers l'objectif. De plus, l'approche orientée vers les solutions se distingue en mettant l'emphase sur le présent et le futur plutôt que sur le passé. Elle considère que l'atteinte de l'objectif passe davantage par une action concrète de la personne que par une compréhension des causes des problèmes. Toute l'énergie du thérapeute et du client est dirigée vers l'objectif et la recherche de solutions.

Une autre originalité de l'approche orientée vers les solutions tient au fait que le thérapeute partage le rôle d'expert avec le client. Cette approche considère que le client est le spécialiste pour identifier les solutions efficaces à sa situation. Ainsi, le thérapeute doit éviter de donner des conseils mais plutôt poser les questions pour faire surgir chez la personne ses solutions. Celle-ci est invitée à utiliser une solution déjà dans son coffre à outils et à l'appliquer dans de nouvelles situations. De plus, son expertise est sollicitée pour fixer elle-même la fréquence de chaque rendez-vous. Toutes ces attitudes raccourcissent le traitement et responsabilisent la personne face au succès obtenu et au maintien des acquis.

Autres sites sur l'approche orientée vers les solutions

Fondements de l'approche brève orientée vers les solutions

6- Comment est-ce possible de changer sans parler du passé ou des causes des problèmes?

Selon moi, il y a une division nette entre le domaine des problèmes et celui des solutions. La compréhension des problèmes et des raisons pour lesquels ils se développent n'ont souvent rien à voir avec les solutions pour les faire disparatre. A titre d'exemple, une cliente dépressive depuis 4 ans vient nous consulter suite à une tentative de suicide deux semaines auparavant. Elle a cessé de consommer de l'alcool depuis plus de deux ans mais elle ne rapporte pas d'amélioration de sa condition psychologique car elle est préoccupée par les problèmes qu'elle a vécu dans sa famille d'origine. De plus, elle est découragée d'avoir perdu la garde de ses enfants. Dès la deuxième rencontre, elle rapporte une amélioration notable de sa condition à tel point qu'elle ne s'est pas sentie aussi bien depuis longtemps. Elle explique ce progrès par le fait qu'elle a cessé de prendre du café et réduit sa consommation de cigarettes le matin. Ce changement a entraîné une série de conséquences : elle a diminué le temps où elle pense à ses problèmes passés et actuels; elle s'est activée dans ses tâches domestiques; elle est sortie davantage de la maison; elle a même commencé à s'affirmer face à des personnes qui lui nuisaient. Cet exemple montre de façon claire que la solution (réduire le café et la cigarette le matin) est très éloignée des causes de l'état dépressif (lourd passé, perte de ses enfants, abus d'alcool). De plus, en se positionnant dans le domaine des solutions, cette personne a amorcé d'autres comportements du domaine des solutions (s'occuper, sortir, s'affirmer).

Comme on le voit, les solutions de la cliente sont très simples et étonnamment efficaces pour la mettre sur la voie du changement. Continuer à parler du passé, des problèmes d'alcool ou des raisons de la perte de ses enfants n'auraient fait qu'amplifier ce qu'elle fait déjà depuis quelques années : se sentir déprimée et se plaindre de sa situation. Ce qui a aidé cette cliente à se mettre en action fut de parler de son désir de retrouver ses enfants, de la chaleur de leur contact et de la vie qu'elle aura quand les enfants seront avec elle. Pour moi, il est clair que de parler de l'objectif, des forces et du positif stimule le recours aux solutions alors que parler du problème peut l'empêcher.

7- Est-ce que l'approche brève orientée vers les solutions est efficace avec tous les problèmes?

Comme je l'ai mentionné précédemment, cette approche est définitivement efficace dans toutes les problématiques. Cependant, il arrive que je change d'approche quand la situation n'évolue pas après quelques rencontres. C'est à ce moment que j'utilise les autres approches court terme que je préconise soit l'hypnose ou l'approche narrative. Avec ces trois outils à la fine pointe des connaissances en thérapie brève, il est toujours possible de faire débloquer une situation. Quand il n'y a pas de progrès avec un client, ce n'est pas que l'approche ne fonctionne pas avec cette problématique mais plutôt qu'elle ne s'applique avec ce client précis. Il m'est souvent difficile de savoir pourquoi une situation stagne. Ce qui importe est de disposer d'autres outils efficaces pour amorcer le changement. Après tout, ce n'est pas au client à s'adapter au thérapeute, c'est au thérapeute à trouver l'approche qui convient le mieux au client.

8- Qu'est-ce que l'approche narrative?

L'approche narrative est née à la fin des années 80 grâce à deux thérapeutes de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, Michael White et David Epston suite à la publication de leur livre Narrative Means to Therapeutic Ends. Comme l'approche orientée vers les solutions, elle mise sur les forces de l'individu et elle encourage le thérapeute à collaborer avec lui pour trouver les stratégies de changement. L'approche narrative croit que chaque individu se construit une histoire à partir des événements de sa vie. Au fil du temps, la personne en vient à adopter une histoire préférée de sa vie à partir de ses interprétations et des liens qu'elle établit entre les événements. L'approche narrative estime que ces interprétations et ces valeurs sont fortement façonnées par le contexte socioculturel et politique dans lequel baigne la personne. Au lieu de localiser la difficulté chez l'individu ou dans de petits systèmes comme la famille, la difficulté est située dans le large contexte socioculturel de l'individu (média, école, travail, amis, loisir, etc.). Quand une personne entreprend une psychothérapie, c'est qu'elle est enfermée dans une histoire dominante insatisfaisante et sans issue. La tâche du thérapeute est d'aider cette personne à prendre une distance face au contexte social qui a contribué à fabriquer le problème et à reconstruire une nouvelle histoire qui lui permettra de se percevoir comme capable de se sortir de la situation problématique.

Comme Michael White affirme que la situation problématique origine de l'environnement socioculturel et politique, il lui donne une nouvelle localisation : la personne n'est pas le problème, le problème est le problème. Cela signifie que la personne n'est pas réduite au problème mais qu'elle a une relation avec ce problème et que cette relation peut être modifiée. Ce constat a entraîné le développement de la stratégie majeure de l'approche narrative, soit l'externalisation qui consiste à situer le problème à l'extérieur de la personne. En extériorisant la difficulté, il devient plus aisé de prendre une distance face aux influences de la société et aux autres éléments qui ont contribué à son développement. D'abord, la personne sera amenée par ce moyen à identifier les tactiques du problème pour la dominer puis, son propre pouvoir sur la situation problématique. Comme on le voit, le thérapeute s'allie avec la personne pour que celle-ci utilise davantage ses ressources pour résister au problème et, par la suite, pour qu'elle se forge une identité plus proche de son véritable potentiel, ce qui lui permettra de reconstruire une histoire personnelle plus saine.

Autres sites sur l'approche narrative

Fondements de l'approche narrative

9- Qu'est-ce que l'approche fondée sur les données probantes ?

Cette approche encore sans nom véritable a été développée par Scott Miller et ses collègues suite aux travaux de nombreux chercheurs sur l'efficacité de la psychothérapie depuis ses 40 ans d'existence. En effet, un large consensus dans le champs de la psychothérapie a établi que le thérapeute et les méthodes d'intervention jouent un rôle mineur dans le changement. Un chercheur émérite (Lambert) a tenté de mesurer l'importance relative des facteurs associés au changement. Il a estimé que le client est de loin le principal responsable du changement en psychothérapie (40 % de la variance). Viennent ensuite les facteurs suivants par ordre d'importance : la qualité de l'alliance thérapeutique (30 % de la variance), les attentes (ou l'espoir) dans le traitement (15 % de la variance) et, finalement, les méthodes de traitement (15 % de la variance). Dans ce contexte, Scott Miller et ses collègues ont développé diverses stratégies pour que le thérapeute maximise ces quatre facteurs dans le processus thérapeutique. Plusieurs de ces stratégies recoupent celles de l'approche orientée vers les solutions et de l'approche narrative mais elles sont revues et corrigées pour tenir compte des travaux de recherche. A partir des résultats de recherche, cette approche propose au thérapeute des attitudes et des outils pour stimuler la contribution du client, pour créer une forte alliance, pour augmenter la motivation et l'espoir et, enfin, pour adapter ses outils thérapeutiques au client.

Site sur cette approche:
www.talkingcure.co

Article sur cette approche

10- Qu'est-ce qu'une approche collaboratrice?

Une approche collaboratrice est une approche centrée sur le client, c’est-à-dire qui cherchent à favoriser la collaboration du client dans l’ensemble du processus d’intervention : le choix des objectifs, les techniques utilisées, les solutions, la fin de la démarche, etc. Comme la recherche démontre clairement que la participation du client dans l’intervention est primordiale, ce type d’approche favorise donc le changement. L'approche orientée vers les solutions et l'approche narrative sont des approches collaboratrices mais il est possible de pratiquer d’autres approches et d’adopter les attitudes qui favorisent le changement.

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Article sur fondements des approches collaboratrices

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